• De bois et de laines

    De bois et de laines

     

    Voilà le texte que je propose pour le dernier concours de Sasha:

    La famille Artis vivait dans un charmant petit village de montagne, leur boutique toute aussi charmante n’était pas bien grande mais débordait d’une grande créativité. Sur l’enseigne on pouvait y lire De Bois et de Laines.

    De décembre à mars la boutique ne désemplissait pas. Madame tricotée de gros pull bien chauds, des gants, des écharpes, ainsi que d’épaisses chaussettes pour enfiler les souliers. Monsieur quand à lui, taillait du bois nobles, ses sculptures minutieuses donnaient naissances à de magiques marionnettes qui décoraient à merveille les sapins des chaumières en ces périodes de fêtes.

    Quand Alice n’était pas à l’école, elle tricotait avec sa mère. Mais ce qu’elle préférait par-dessus tous s’était les moments complices avec son père, où il lui montrait ses nouvelles créations de bois. Il lui laissait même parfois, à de rares occasions comme le jour de son anniversaire, la permission de donner un dernier coup de pinceau sur un personnage de bois. Sa mère n’aimait pas trop voir sa fille faire un métier d’homme, mais elle craquait quelques fois, pour la plus grande joie d’Alice.

    Le chiffre d’affaires des mois d’hiver était tel, qu’il permettait à la famille de faire suffisamment d’économies pour vivre confortablement le reste de l’année. Ils s’occupaient de faire paitre le modeste troupeau de moutons, avant la tonte de la précieuse laine. Quelques amis de la famille leur commandaient de temps à autres de grandes couvertures de laine pour leur pique nique en forêt, à l’arrivée des premières chaleurs printanières. Quand c’était le cas, le trio se félicitait de ces confections inattendues par un grand repas de fête où les éclats de rires résonnaient au loin, jusque sur le dernier sommet de la chaine de montagne.  

    Cinq ans s’écoulèrent ainsi, dans le plus grand des bonheurs. Alice alors âgée de quatorze ans grandissait à vue d’œil. C’était une ravissante jeune femme, où les yeux de certains jeunes hommes se posaient désormais. Bientôt on lui demandera sa main avait alors réalisaient ses parents. Monsieur Artis n’était plus tout jeune à présent, il ne serait pas toujours là. Il décida de rassembler une somme supplémentaire qu’il donnerait à sa fille, pour qu’elle puisse se marier, acheter une maison, fonder sa famille et vivre confortablement sa nouvelle vie.

    Un jour de décembre alors que la neige n’était pas encore tombait, le père d’Alice dut partir en ville pour une importante livraison de marionnettes. Ces marionnettes étaient raffinées, colorées avec goût et les articulations bien plus sophistiquaient qu’il n’avait alors l’habitude de faire. Il espérait beaucoup de ces ventes. Il comptait restait environ deux semaines sur place dans l’espoir d’agrandir sa clientèle, qui se limitait jusque là aux uniques habitants du village.

     L’argent gagné constituerait la somme permettant l’envol de sa fille chérie. La ville était à trois jours de cheval. Un cousin propriétaire d’une auberge sur les lieux, avait été prévenu par courrier de son arrivée. C’était avec joie qu’il l’hébergerait sur place, s’était empressait de répondre son parent, le temps du séjour. Il salua de la main les deux amours de sa vie, et partit sur son robuste destrier au petit trot.

    Une nuit alors que son père était encore en voyage, Alice rêva que son papa adoré était devenu un célèbre marionnettiste. Les gens s’arrachaient ses pantins de bois à prix d’or, tout le monde en voulait un chez lui. Au point, qu’il s’était vu obliger de rester en ville pour fabriquer sur place les marionnettes tant convoitées. Il avait donc invité sa femme et sa fille à le rejoindre dans un palais de marbre blanc et d’escaliers dorés, où la famille réunie travaillait en équipe pour la confection des jouets, sous les applaudissements des clients qui assistaient émerveillaient à la création familiale.    

    Le soir qui sonna les trois semaines écoulaient, Alice attendait son père avec impatience. Sa mère et elle préparait un festin de rois. Elles mirent la table en chantant, en dansant dans le bonheur de le retrouver. Elles allumèrent des bougies un peu partout dans la pièce, on se serait cru la vielle de Noël. Le sapin était déjà décorait mais deux semaines les séparaient encore du réveillon. Elles s’assirent confortablement dans leur chaise face à la porte pour guetter son arrivée. Sa mère alluma une lanterne sur le seuil de la porte pour le guider jusqu’à elles, la nuit était tombée. Elles attendirent un quart d’heure, une demi-heure, trois quart d’heure, une heure, puis la mère d’Alice décida de servir la soupe tiède pour patienter. Après quoi elles discutèrent de longues heures durant puis allèrent finalement se coucher sans même manger le plat de résistance. Une violente tempête de neige s’abattit sur le village pendant la nuit.

    Au petit matin Alice toujours inquiète ne tenait pas en place. Sa mère la rassura du mieux qu’elle pu, en lui disant qu’il avait surement du se mettre à neiger sur la route, et d’un naturel plutôt prudent il avait sans doute préférait s’arrêter, pour reprendre son trajet quand les conditions seraient plus favorables.

    Cela faisait à présent une bonne semaine qu’il avait disparu, les chutes de neige avaient cessaient depuis mais toujours aucune nouvelle de Monsieur Artis. Les recherches furent alors lancées. Tous les gens du village ne disaient rien, mais ils savaient que Monsieur n’était déjà plus de ce monde, seul avec son cheval perdu dans la neige, face à des températures glaciales, les chances de survie étaient minces, même Alice le savait pourtant elle gardait espoir, ne supportant pas l’idée de perdre son père tant adoré. Cette année Alice ne fêta pas Noël pour la toute première fois de sa vie. Elle portait un grand chagrin dans sa poitrine, de plus en plus lourd à mesure de l’avancée des jours. Sa mère souffrait en silence de la disparition de son mari.   

    Un mois après, la mère d’Alice reçut une lettre, elle refusa de l’ouvrir, Alice voulait savoir ce qui était arrivé à son père, avec un courage immense elle lu la lettre à haute voix en colère contre la faiblesse de sa mère. De retour de son voyage non loin du village, des bandits l’avaient attaqué puis  dépossédait de son cheval, de ses vivres et de sa richesse durement mérité. Le laissant seul face aux intempéries, il trouva la mort quelques heures plus tard, livrait à lui-même dans l’enfer enneigé.

    Des larmes perlèrent sur le visage d’Alice sans bruit, le visage de sa mère pris une expression qu’Alice n’avait encore vu. Elle palie est tomba de tous son poids au sol. C’est à ce moment là que la jeune femme réalisa que son père ne reviendrait pas à la maison. Madame Artis monta à l’étage dormir sans dire mot. Elle ne se releva que le lendemain tard dans la matinée, souffrante de douleurs dans le bras depuis sa chute.

    Malheureusement son poignet ne guérissait pas, elle ne pouvait plus effectuer les gestes qu’elle avait pourtant si longtemps pratiqués. Elle pleura comme une enfant face à son destin tragique. Alice la rassura, c’était à elle de reprendre la boutique, elle était en âge et connaissait le tricot presque aussi bien que sa mère à présent.

     Alice ne supportait plus cette continuelle tristesse dans les murs de la boutique jadis enchanteresse. Elle se mit en tête de métamorphosé le magasin pour sortir de sa vie à jamais la mélancolie, un hommage en mémoire d’un père extraordinaire qui invitait la bonne humeur chez lui du matin au soir.  

    Elle commença par accrocher au mur le portait de son défunt père illuminer par un sourire éblouissant. Elle dépoussiéra les moindres centimètres de la pièce à l’aide de son balai. Son enthousiasme empli de joie le cœur de sa mère. Une fois le charme du commerce d’entant retrouvé, elle ne pu choisir entre le tricot que sa mère lui avait enseigné avec fierté, ou bien la fabrication de ces sublimes marionnettes qui l’avait tant fascinée étant petite. Elle décida après mûres réflexions de travailler conjointement ces deux arts qui avaient rythmé son quotidien pour n’en faire plus qu’un.

    Dans un élan de créativité, elle broda une tunique bleutée décoré de filins d’or. A la fin de son tricot, elle se rendit compte qu’il était beaucoup trop petit pour être porté par une petite fille. Elle fouilla dans l’atelier de son père à la recherche des dessins des différentes marionnettes qu’il avait conçut, elle choisit le croquis d’une fée, elle tailla à même le bois à la façon de son père, alors que l’aube pointait le bout de son nez elle fini enfin son travail. Les rayons du soleil levant pénétrèrent à l’intérieur de la boutique et illuminèrent une magnifique poupée de bois habillée d’une somptueuse robe de laine brodée. Cette poupée rencontra rapidement un franc succès, d’abord au sein du village puis aux villages voisins, jusqu’en ville pour finir. Elles étaient beaucoup moins fragiles de les poupées de porcelaines et bien plus originales.

    De nombreux fortunés opportunistes proposèrent à Alice d’ouvrir une boutique flambant neuve dans les beaux quartiers de la ville mais elle refusa, elle ne voulait pas d’une autre boutique. L’esprit artistique de son père était toujours là, pour ne plus jamais là quitter tout au long de sa vie.

    A présent on pouvait lire sur la devanture doré du magasin Poupées de la famille Artis.  

     

    FIN


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :