• Nouvelles

    BONNE LECTURE 

     

  • Mort dent

    Que se passe-t-il? Pourquoi ai-je si froid tout à coup? La ville s'est soudainement arrêtée. Plus un bruit à l'horizon. La lune, seule dans l'immensité du ciel pleure. Tous mes sens sont en éveil, ils n'ont jamais étaient aussi présent pourtant je dors éveillée. Mes veines se glacent. Mes mains sont recouvertes de sang séché. Je tâte mon visage à la recherche de blessures, il n'y a rien. J'aperçois un homme au loin. Dans l'obscurité je n'arrive pas à bien le voir. J'ai l'intime conviction qu'il faut que j'aille le rejoindre. Mais comment faire, mes jambes ont oubliées qu'elles furent vivantes jadis. Je suis figée sur place alors j'attends, j'attends désespérément que le froid m'emporte dans un sommeil infini. Je quitte ce monde en douceur. Mes paupières se livrent à une dernière danse et se ferment pour toujours...


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  • Pour Nora

    Je suis assise en tailleur face à la fenêtre de ma chambre. Je regarde les branches des arbres bougées, les feuilles dansées entre elles. Non je ne suis pas fatiguée, non je ne suis pas triste, je regarde. Il y a tellement de choses jolies a regarder, je prends le temps d'apprécier cette petite évasion. Le silence règne en maitre, je ne respire pas pendant quelques instants, de peur que le bruit de ma respiration ne vienne déranger le calme. Un petit frisson de joie m'envahie devant une nature si tranquille, si paisible, si douce. Même l'Homme le plus sage ne détient le secret de cette sérénité profonde. D'une pensée rêveuse je regarde le couloir d'arbres qui orne la forêt, mon regard se perd jusque dans un monde merveilleux où la contemplation serait la clef du bonheur. 

    J'entends maman qui m'appelle pour venir manger. Ca sent bon, je met le pied sous la table après m'être soigneusement laver les mains. Maman me donne un morceau de poulet ainsi que quelques patates griochées. Puis prend le pichet d'eau et remplie mon verre d'eau. Je mis ma serviette, manga et fini mon repas le ventre bien plein. A présent le soleil est couché, l'horloge sonne huit heures. Je pars pour la salle de bain et me prépare à aller au lit. Demain je dois aider les voisins a déménager, j'espère qu'ils auront des enfants. Je m'ennuie toute seule papa est parti et maman je la vois que pour manger la plupart du temps, elle travaille sans arrêt. Maman vient me dire bonne nuit, et descend l'escalier pour le salon où elle y dort en regardant la télé, qui lui tient compagnie. Moi, je vais sous les draps une lampe de torche à la main et commence a lire un livre. C'est une histoire d'amour que j'ai piquée dans la bibliothèque, moi les histoires d'amour se me fait rigoler alors que maman ça l'a fait pleurer. Mes yeux se ferment alors je pose le livre sur mon chevet avec la lampe et m'endors sans le moindre mal.  

    J'ai bien dormi, mon réveil indique neuf heures. Je descends à la cuisine, prends le bol de lait, le verre de jus de fruits et les tartines de confitures que maman m'a préparé. Après avoir pris le petit déj, j'enfile une robe toute jaune, des bottes en caoutchouc et me tresse mes longs cheveux châtains et me dirige vers le chemin qui mène directement chez les voisins. J'empreinte un sentier qui débouche sur une grande maison de bois. Je m'installe sous le porche de l'entrée en attendant impatiemment les voisins qui ne vont plus tarder. Je vois sortir du bois une voiture grise, elle est belle, pas comme notre vieux quatre quatre rouge. Elle se gare sur le côté de la maison, j'entends les portières s'ouvrirent. J'accours pour les aider a porter les baguages. Devant moi se dresse un grand homme, sec, le regard vif. Je propose mon aide qu'il refuse immédiatement d'une voix autoritaire en entra à pas cadencés dans leur nouvelle maison. Je salue la dame à sa droite, une petite rousse m'ayant l'air douce et gentille. Derrière elle il y a quelqu'un qui lui tient la main. Super, une fille avec qui je vais pouvoir jouer aux poupées que maman vient de m'acheter. Sa mère se dégagea, je fis la grimace en découvrant que la personne tant attendue n'est autre qu'un garçon.

    Je dis à haute voix que j'habite juste en bas du sentier et pars en courant à la maison déçue. Je prends la décision qu'aujourd'hui se sera pique nique près de l'étang. Dix heures déjà, je me saisie du panier en osier dans le cellier, le couvre d'un torchon et dispose des tranches de pain, du fromage et deux pommes. Le panier fait, je le mets au bras et va en sautillant de trous en trous à l'étang. Une fois bien installée je me fait un sandwich au fromage en donnant le restant des miettes aux canards qui se sont agglutinés autour de moi quand j'entends dans mon dos : Et toi ! Je me retourne et voit dans les buissons le garçon qui vient d'aménager. Il fait a peu près ma taille, les yeux bleus, d'épais cheveux bruns avec pleins de tâches de rousseurs tout autour de son nez en trompette. Le problème c'est que je n'aime pas les garçons, la seule chose qu'ils savent faire s'est embrasser les filles sur la bouche et moi je trouve ça vraiment dégoutant. Mais maman m'a toujours dit qu'il faut se montrer poli envers les autres, alors je lui tend l'une de mes pommes. Il la prend, me dit un tout petit merci timide et me demande mon prénom. Moi c'est Ayazu et toi? Il s'en va sans même me répondre à toute vitesse dans le sentier. Il est trop bizarre. Une vraie poule mouillé celui là.

    A mon tour je prends mon autre pomme et la mange sur la route du retour. Il fait si beau, le temps idéal pour une petite chasse aux papillons. Je repose le panier désormais vide sur le meuble de l'entrée et prends mon super filet, direction le champ de fleurs derrière la maison. Quelques minutes seulement après voilà qu'un magnifique spécimen vient se loger dans mon filet, il est orange avec des ailes dentelées. J'observe en détail l'insecte puis le relâche. Le soleil est chaud, je me réfugie au frais sous le grand chêne. Le vent commence a souffler, l'herbe qui recouvre le sol se courbe au rythme du cours en d'air. A la regarder on dirait la mer. Une première goutte d'eau tombe dans le creux de ma main, une seconde sur la joue et en moins de deux l'averse est là. Maman accoure en parapluie.

    - Ca va ma puce tu as passé une bonne journée?

    - Oui oui.

    - Alors ces voisins comment ils sont?

    - Bof.

    - Explique toi?

    - Ils ont un petit garçon.

    - Ah je comprends mieux. Dit-elle en rigolant de bon cœur. Je peux savoir comment s'appel ce fichu garçon?

    - J'en sais rien moi, il n'a pas voulu me le dire. 

    - J'ai pris ma journée demain on y ira leur rendre visite toutes les deux.

    -  Roh non!

    - Fait pas cette tête voyons, je suis sûre qu'ils sont très gentils et que tu t'entendras bien avec leur fils.

    - Bon d'accord.

    - Je t'adore.

    - Moi aussi.

    - Allons faire la cuisine, du riz au caramel comme tu l'aime pour ce soir?

    - Bien entendue. 

    Toutes les deux en s'affairant a préparer le diner, on passe un moment complice pourtant mon cœur est lourd quelqu'un manque à l'appel. Le repas est bien silencieux, mais délicieux, maman a bien réussie le plat malgré sa fatigue flagrante. Elle est toujours bonne cuisinière même si elle ne cuisine plus aussi souvent qu'avant. Je quitte la table après avoir donné un coup de main pour débarrasser. Je me perche sur le rebord de la fenêtre comme à mon habitude pour admirer les étoiles qui ornent le ciel par milliers. Je suis un peu mélancolique ce soir. Trop forte cette maman elle frappe à la porte comme si elle avait deviner mes pensées. 

    - Je peux rentrer Ayazu?

    - Hum hum ...

    - Toutes ces étoiles ! Tu te souviens quand on s'amusait à les compter ?

    - Oui je m'en souviens avec papa.

    - Ton père me manque tu sais.

    - A moi aussi. 

    - Où qu'il soit sache qu'il t'aime énormément. Allez au lit miss, il est tard.

    - Bonne nuit à demain.

    - Dors bien mon ange. 

     Elle éteint la lumière. Je m'évade dans le pays des songes comme la petite fille que je suis.

     FIN


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  • De bois et de laines

    La famille Artis vivait dans un charmant petit village de montagne, leur boutique toute aussi charmante n’était pas bien grande mais débordait d’une grande créativité. Sur l’enseigne on pouvait y lire De Bois et de Laines.

    De décembre à mars la boutique ne désemplissait pas. Madame tricotait de gros pull bien chauds, des gants, des écharpes, ainsi que d’épaisses chaussettes pour enfiler les souliers. Monsieur quand à lui, taillait du bois noble, ses sculptures minutieuses donnaient naissances à de magiques marionnettes qui décoraient à merveille les sapins des chaumières en ces périodes de fêtes.

    Quand Alice n’était pas à l’école, elle tricotait avec sa mère. Mais ce qu’elle préférait par-dessus tout cela était les moments complices avec son père, où il lui montrait ses nouvelles créations de bois. Il lui laissait même parfois, à de rares occasions comme le jour de son anniversaire, la permission de donner un dernier coup de pinceau sur un personnage de bois. Sa mère n’aimait pas trop voir sa fille faire un métier d’homme, mais elle craquait quelques fois, pour la plus grande joie d’Alice.

    Le chiffre d’affaire des mois d’hiver était tel, qu’il permettait à la famille de faire suffisamment d’économies pour vivre confortablement le reste de l’année. Ils s’occupaient de faire paître le modeste troupeau de moutons, avant la tonte de la précieuse laine. Quelques amis de la famille leur commandaient de temps à autres de grandes couvertures de laine pour leur pique nique en forêt, à l’arrivée des premières chaleurs printanières. Quand c’était le cas, le trio se félicitait de ces confections inattendues par un grand repas de fête où les éclats de rires résonnaient au loin, jusque sur le dernier sommet de la chaîne de montagne.  

    Cinq ans s’écoulèrent ainsi, dans le plus grand des bonheurs. Alice alors âgée de quatorze ans grandissait à vue d’œil. C’était une ravissante jeune femme, où les yeux de certains jeunes hommes se posaient désormais. Bientôt on lui demandera sa main avait alors réalisaient ses parents. Monsieur Artis n’était plus tout jeune à présent, il ne serait pas toujours là. Il décida de rassembler une somme supplémentaire qu’il donnerait à sa fille, pour qu’elle puisse se marier, acheter une maison, fonder sa famille et vivre confortablement sa nouvelle vie.

    Un jour de décembre alors que la neige n’était pas encore tombait, le père d’Alice dut partir en ville pour une importante livraison de marionnettes. Ces marionnettes étaient raffinées, colorées avec goût et les articulations bien plus sophistiquaient qu’il n’avait alors l’habitude de faire. Il espérait beaucoup de ces ventes. Il comptait restait environ deux semaines sur place dans l’espoir d’agrandir sa clientèle, qui se limitait jusque là aux uniques habitants du village.

     L’argent gagné constituerait la somme permettant l’envol de sa fille chérie. La ville était à trois jours de cheval. Un cousin propriétaire d’une auberge sur les lieux, avait été prévenu par courrier de son arrivée. C’était avec joie qu’il l’hébergerait sur place, s’était empressait de répondre son parent, le temps du séjour. Il salua de la main les deux amours de sa vie, et partit sur son robuste destrier au petit trot.

    Une nuit alors que son père était encore en voyage, Alice rêva que son papa adoré était devenu un célèbre marionnettiste. Les gens s’arrachaient ses pantins de bois à prix d’or, tout le monde en voulait un chez lui. Au point, qu’il s’était vu obliger de rester en ville pour fabriquer sur place les marionnettes tant convoitées. Il avait donc invité sa femme et sa fille à le rejoindre dans un palais de marbre blanc et d’escaliers dorés, où la famille réunie travaillait en équipe pour la confection des jouets, sous les applaudissements des clients qui assistaient émerveillaient à la création familiale.    

    Le soir qui sonna les trois semaines écoulaient, Alice attendait son père avec impatience. Sa mère et elle préparait un festin de rois. Elles mirent la table en chantant, en dansant dans le bonheur de le retrouver. Elles allumèrent des bougies un peu partout dans la pièce, on se serait cru la vielle de Noël. Le sapin était déjà décorait mais deux semaines les séparaient encore du réveillon. Elles s’assirent confortablement dans leur chaise face à la porte pour guetter son arrivée. Sa mère alluma une lanterne sur le seuil de la porte pour le guider jusqu’à elles, la nuit était tombée. Elles attendirent un quart d’heure, une demi-heure, trois quart d’heure, une heure, puis la mère d’Alice décida de servir la soupe tiède pour patienter. Après quoi elles discutèrent de longues heures durant puis allèrent finalement se coucher sans même manger le plat de résistance. Une violente tempête de neige s’abattit sur le village pendant la nuit.

    Au petit matin Alice toujours inquiète ne tenait pas en place. Sa mère la rassura du mieux qu’elle pu, en lui disant qu’il avait surement du se mettre à neiger sur la route, et d’un naturel plutôt prudent il avait sans doute préférait s’arrêter, pour reprendre son trajet quand les conditions seraient plus favorables.

    Cela faisait à présent une bonne semaine qu’il avait disparu, les chutes de neige avaient cessaient depuis mais toujours aucune nouvelle de Monsieur Artis. Les recherches furent alors lancées. Tous les gens du village ne disaient rien, mais ils savaient que Monsieur n’était déjà plus de ce monde, seul avec son cheval perdu dans la neige, face à des températures glaciales, les chances de survie étaient minces, même Alice le savait pourtant elle gardait espoir, ne supportant pas l’idée de perdre son père tant adoré. Cette année Alice ne fêta pas Noël pour la toute première fois de sa vie. Elle portait un grand chagrin dans sa poitrine, de plus en plus lourd à mesure de l’avancée des jours. Sa mère souffrait en silence de la disparition de son mari.   

    Un mois après, la mère d’Alice reçut une lettre, elle refusa de l’ouvrir, Alice voulait savoir ce qui était arrivé à son père, avec un courage immense elle lu la lettre à haute voix en colère contre la faiblesse de sa mère. De retour de son voyage non loin du village, des bandits l’avaient attaqué puis  dépossédait de son cheval, de ses vivres et de sa richesse durement mérité. Le laissant seul face aux intempéries, il trouva la mort quelques heures plus tard, livrait à lui-même dans l’enfer enneigé.

    Des larmes perlèrent sur le visage d’Alice sans bruit, le visage de sa mère pris une expression qu’Alice n’avait encore vu. Elle palie est tomba de tous son poids au sol. C’est à ce moment là que la jeune femme réalisa que son père ne reviendrait pas à la maison. Madame Artis monta à l’étage dormir sans dire mot. Elle ne se releva que le lendemain tard dans la matinée, souffrante de douleurs dans le bras depuis sa chute.

    Malheureusement son poignet ne guérissait pas, elle ne pouvait plus effectuer les gestes qu’elle avait pourtant si longtemps pratiqués. Elle pleura comme une enfant face à son destin tragique. Alice la rassura, c’était à elle de reprendre la boutique, elle était en âge et connaissait le tricot presque aussi bien que sa mère à présent.

     Alice ne supportait plus cette continuelle tristesse dans les murs de la boutique jadis enchanteresse. Elle se mit en tête de métamorphosé le magasin pour sortir de sa vie à jamais la mélancolie, un hommage en mémoire d’un père extraordinaire qui invitait la bonne humeur chez lui du matin au soir.  

    Elle commença par accrocher au mur le portait de son défunt père illuminer par un sourire éblouissant. Elle dépoussiéra les moindres centimètres de la pièce à l’aide de son balai. Son enthousiasme empli de joie le cœur de sa mère. Une fois le charme du commerce d’entant retrouvé, elle ne pu choisir entre le tricot que sa mère lui avait enseigné avec fierté, ou bien la fabrication de ces sublimes marionnettes qui l’avait tant fascinée étant petite. Elle décida après mûres réflexions de travailler conjointement ces deux arts qui avaient rythmé son quotidien pour n’en faire plus qu’un.

    Dans un élan de créativité, elle broda une tunique bleutée décoré de filins d’or. A la fin de son tricot, elle se rendit compte qu’il était beaucoup trop petit pour être porté par une petite fille. Elle fouilla dans l’atelier de son père à la recherche des dessins des différentes marionnettes qu’il avait conçut, elle choisit le croquis d’une fée, elle tailla à même le bois à la façon de son père, alors que l’aube pointait le bout de son nez elle fini enfin son travail. Les rayons du soleil levant pénétrèrent à l’intérieur de la boutique et illuminèrent une magnifique poupée de bois habillée d’une somptueuse robe de laine brodée. Cette poupée rencontra rapidement un franc succès, d’abord au sein du village puis aux villages voisins, jusqu’en ville pour finir. Elles étaient beaucoup moins fragiles de les poupées de porcelaines et bien plus originales.

    De nombreux fortunés opportunistes proposèrent à Alice d’ouvrir une boutique flambant neuve dans les beaux quartiers de la ville mais elle refusa, elle ne voulait pas d’une autre boutique. L’esprit artistique de son père était toujours là, pour ne plus jamais là quitter tout au long de sa vie.

    A présent on pouvait lire sur la devanture doré du magasin Poupées de la famille Artis.  

    FIN


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  • Autres:

    Alors que les fêtes de Noël approchaient à grand pas, mes parents ont eu la bonne idée d'entamer leur procédure de divorce. A la maison les disputes revenaient de plus en plus souvent. Les raisons étaient pour la plupart futiles mais un raz le bol général avait pris possession de la baraque. Une fois toutes les assiettes cassées, les verres brisés, les couverts éparpillés sur le sol tel un mikado géant et les nerfs à vifs, l'ancien couple marié se mis d'accord pour divorcer. J'ai reçu la nouvelle sans grande émotion. Je m'y attendais seulement j'espérais que ce soit le plus tard possible. Ma réaction vient juste après quand ils m'annoncèrent que je passerai Noël chez ma tante Marge, inconnue au bataillon. Je l'avais vu une seule fois le jour de mes deux ans.

    - Ta tante habite dans un joli petit village de montagne, nous sommes persuadés que ta visite lui fera chaud au cœur, elle qui vit seule.

    - Mouais, si vous le dites.

    - Ça te changera les idées et puis à ton retour tout sera rentré dans l'ordre ma puce.

    - Bon d'accord, je suppose que je n'ai pas le choix.

    Sur ces mots je montai dans ma chambre, pris des gros pulls, de bonnes chaussettes en laine, une écharpe, des gants, un bonnet, deux trois pantalons ainsi que mon chargeur comme tout bon ado. Puis je fermai ma valise. Ma mère déboula dans ma chambre semblable à une tornade.

    - Tiens voilà le cadeau pour ta tante.

    - Merci, c'est quoi?

    - Un livre sur les chats, la dernière fois que nous nous sommes vues, elle parlait d'avoir un chat.

    - Ok.

    - Descends on va manger.

    Une fois le diner terminé, je m’installai dans mon lit au chaud et après quelques texto envoyés à ma meilleure amie je m’endormis. Debout là dedans cria ma mère pas question de rater le train Amélie. Oui j'arrive, pas besoin de crier comme ça. J’enfilai mes vêtements et descendis l'escalier tel une somnambule. Je failli tomber à plusieurs reprises emporté par le poids de la valise.

     

    - Allez, traine pas on part à la gare dans un quart d'heure.

    - Papa n'est pas là?

    - Non, il avait des choses à faire.

    - Plus importantes que de dire au revoir à sa fille.

    - Ne soit pas désagréable, il t'embrasse.

     

    Le petit déjeuner avalé en quatrième vitesse, je pris mon manteau, mes bagages et monta dans l'auto direction la gare. Arrivé à quai ma mère me glissa le billet de train dans la poche de mon manteau et me donna un bout de papier avec l'adresse de ma destination.

     

    - Voilà je pense que tu as tous ce qu'il faut. Passe un joyeux Noël chérie, gros bisous.

    - Bisous.

     

    Je m’installai sur ma place numérotée et le train parti peu de temps après. Quatre bonnes heures de trajet m'attendaient. Je les occupai tant bien que mal, en mâchouillant un chewing-gum, en texto et en regardant le paysage quand enfin j’arrivai. Un panneau faisait office de gare. Le vieux village ouvrier aux allures délabrées n'était en aucun cas accueillant. Une dizaine de maisons quasiment identiques se tenaient en file indienne dont celle de la tante.

     

    Marge ouvrit la porte avec hésitation. A peine a-t-elle ouvert la porte d'entrée qu'une forte odeur me vient aux narines et me piqua les yeux. Un mélange de tabac froid, de marne de café et de pisse de chat. 

     

    - J'imagine que tu es Amélie.

    - Oui madame.

    - Entre au lieu de rester planté là comme un piquet. Tu as déjeuné?

    - Non.

    - Installe toi à table, j'ai fais réchauffer de la soupe.

     

    Je longeai un étroit couloir avec des murs recouverts de tapisseries démodées. Le couloir donna sur un salon exigu au bout duquel ce trouvait une cuisine vieillotte, une porte fermée, les toilettes ainsi qu'un escalier.

     

    - Je t'interdis de monter à l'étage a-t-elle immédiatement crié en me voyant regarder les marches. Tu aime le chou j'espère.

    En réalité j'en avais vraiment horreur mais j’acquiesçai d'un oui de la tête.  Elle commença à me servir une louche entière et répéta son geste.

    - C'est bon merci.

    - Ce n'est pas avec ça que tu va devenir une jolie jeune femme. Tes parents ne te nourrissent pas assez, regarde toi, on dirait un sac d'os.

     

    Je bu ma soupe de chou sans broncher, je me servis également un bout de fromage disposé sur la table puis ma tante partie à la cuisine. Elle revient avec une assiette remplie de cookies. Une sensation appétissante me chatouilla le palais. J’humais l'odeur savoureuse des cookies tous chauds, sortis du four et imagina la pâte sucrée qui fond dans la bouche avec de délicieuses pépites de chocolat délicatement croquantes. La tante Marge avait bon cœur au fond. L'eau à la bouche, j'en pris un et commença à le manger. Mes dents se plantèrent dans le biscuit et je mis un moment avant de parvenir à les retirer. Je du prendre un verre d'eau pour réussir à l'avaler. Mes sens se sont bien moqués de moi. C'est du pain rassis au chocolat.

     

    L'après-midi fut interminable, comme si le sort ne c'était pas assez acharné sur moi, les portables ne captaient pas au village.

    - Excusez-moi?

    - Tu as finis de me vouvoyer!

    - Hum ... Marge, j'aimerai me prendre une douche.

    - Tu t'es lavée hier, non?

    - Bah…oui.

    - Alors pas besoin d'en reprendre une aujourd'hui.

    Mais qu'est ce qui ne tourne pas rond chez elle?

    - Va plutôt poser tes affaires dans ta chambre.

     

    Elle repartie dans le salon après avoir montré du doigt la porte close. Une senteur nauséabonde régnait dans le petit cagibi. Je regardai rapidement sur le sol puis souleva le matelas moisit. Un rat tout desséché et aplatit gisait sur le sol telle une momie. Quelle horreur,  cette maison va me rendre folle. Je choutais dans le cadavre et l'envoya sous le radiateur.

     

    - A table! 

    - Je n'ai pas très faim ce soir, je mangerai mieux demain pour le réveillon.

    - Comme tu veux.

     

    Je posais une de mes serviettes de toilettes pour couvrir le lit et m'installa dans mon duvet. Quand je me réveillai, les rayons du soleil qui arrivaient à atteindre le puits de lumière m'éblouirent. Je sortie de la minuscule pièce que Marge osait appeler chambre. La maison était silencieuse. J’appelai Marge une première fois, puis une deuxième, une troisième fois et je commençai sérieusement à angoisser. Et s’il lui était arrivé quelque chose dans la nuit. Inquiète je commençai à courir dans l'escalier. Ma course fut stoppée nette. Une puanteur terrible m'obligea à me boucher le nez à l'aide de mon bras. Des litières de chat trainaient un peu partout sur le palier. Des mouches recouvraient les excréments qui ne dataient pas d'hier. Un dégout infernal me pris, je vomis dans une boite se trouvant sur mon chemin. Je découvris à l'instant d'après avec stupéfaction que les cadeaux, se trouvaient justement dans cette boite. Je parti en catastrophe en bas dans les toilettes, en quête de papier, pris une grande bouffée d'air et remonta en apnée pour essuyer ma connerie.  

     

    - C'est quoi ce bouquant, tu peux m'expliquer ce que tu fais là?

    - J'ai cru t'entendre m'appeler ...

    - Alors en plus d'être maigre comme un clou, tu entends des voix maintenant. Laisse-moi m'habiller et on va prendre le petit déjeuner.

    Je pris un yaourt périmé sans même en être étonnée et mangea deux tartines de beurre.

    - Du café Amélie?

    - Non merci, je n'ai que 15 ans.

    - Je vois pas ce que ton âge a avoir la dedans enfin appelle ta mère si tu veux.

    Je m’emparai du téléphone poussiéreux sauvagement et composa le numéro.

    - Allo ...

    - Allo maman.

    - A c'est toi, ton séjour se passe bien?

    - Si on veut, c'est à quelle heure demain mon train?

    - Attends que je regarde ... C'est à 15h chérie.

    - Aussi tard!

    - Ça te laisse le temps de fêter Noël avec Marge. Bon je te laisse j'ai des courses à faire, bisous.

    - Bisous.

     

    Pour passer le temps, je me baladai dans la rue et rentra quand j’eus les pieds trempés et gelés par une boue brunâtre de neige fondue et de terre. Après le repas du midi Marge me fit comprendre que la montagne de vaisselle accumulée à côté de l'évier m'attendait. Je m’exécutai. Cela me prit plus de temps que je ne pensais, l'eau juste tiède et l'éponge qui partait en lambeaux ne me facilitèrent pas la tache. Je préparai la table pour le réveillon puis toutes les deux on farcit le chapon, on découpa les patates. Je surveillai la cuisson dans le four durant le début de soirée pour éviter que le plat soit brûlé ou encore froid.

     

    On manga enfin un plat digne de ce nom, une horde de chats squelettiques fit son apparition chassé à coup de ballet dehors par Marge.  La veille de ce Noël fut l'une des pires que je vécu. Ennuyeuse, sans éclats de rire et sans la fabuleuse buche glacée. Le diner terminé je fis ma valise et pris une photo souvenir de ma chambre luxueuse. Impatiente de quitter cet endroit, je mis du temps à m'endormir. Le lendemain matin trois cadeaux emballés dans un papier cadeau vert fluo m'attendaient à côté d’une plante à moitié morte en guise d'arbre de Noël.

     

    - Tu n'ouvre pas ton cadeau?

    - Si.

     

    J'ouvris mon cadeau soigneusement en évitant de toucher le papier cadeau. C'était un porte clé affreux imitant la queue d'un chat.

    - C'est super merci beaucoup!

    - Emporte les autres pour tes parents.

    - Eh je suis sure mes parents préfèreraient que je les ouvre pour eux.

    Hors de question que mes affaires soient en contact avec le reste de mon vomi, me murmurerais-je tout bas.

    - Tu pense?

    - Oui.

    - Bon si tu insiste d'accord.

    - Des chaussettes et un chat en magnéte, cool ils seront ravis.

    - Bon file maintenant, si tu rate ton train ton père va encore râler. Il sait faire que ça se plaindre.  Pas étonnant que ta mère décide de quitter ce raté.

     

    Je fus tellement ravie de rentrer chez moi que j'en oubliai le divorce de mes parents. Je couru vers ma mère et l'embrassa avec entrain comme quand j'étais plus petite. Une fois à la maison, je montais en furie dans ma chambre et me jeta sur mon lit. Je retrouvais enfin le cours normal de ma vie. Ma mère me rejoint inquiète de mon comportement effacé.

     

    - Ça va, tu n'as rien dit de tout le trajet?

    - Oui, ça n'a jamais été aussi bien!

    Sans savoir trop quoi répondre, elle commença à déballer les affaires de la valise.

    - Amélie tu n'as pas donné le cadeau à ta tante!

    - A non c'est vrai j'ai oublié, tu n'as qu'à lui donner en main propre après tout ça change les idées l'air de la campagne.

     

    FIN


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